Les Nouveaux P'tits Romans

LA COLLECTION

LETTRES D'AMOUR EN CARTESIE

NOUVELLES EN FORME DE POIRE

/...J’ai fait quelques connaissances, mais je reste sur mes gardes. Je parle à Zélie quelques fois. Elle pousse un autre genre de chariot, elle. Des trucs récupérés dans les poubelles, qu’elle met dans des sacs plastique, qu’elle attache ensuite avec des tendeurs, des bouteilles vidées de leur contenu heure après heure. Elle se chauffe à l’alcool. Je ne me demande plus ce qu’il lui est arrivé. On peut croiser ses délires sur le trottoir de l’avenue de la République.

Elle s’est créée un monde qui grouille autour d’elle. Et ça discute ferme! Elle balance sa tête de bas en haut, comme une vieille jument qui « tique à l’ours ».../

Vie de chien!
Merci maman

/... La voix sexy de l’aéroport ne manquait pas de faire rêver quelques uns. J’étais jeune et jolie, le savais. Je m’amusais de voir se presser les beaux uniformes autour de moi. Les peaux bronzées, les sourires éclatants, si sûrs d’eux mêmes et de leurs effets sur les filles. Mais blasés de beauté ces voyageurs. Ils racontaient les pays abordés, me confiaient leurs chasses victorieuses, les prises dans leurs filets, en comparant celle là de Tokyo à celle ci de New York et puis encore la superbe de Bornéo. Ô le prestige de l’uniforme, de celui qui croit vous emmener si loin, mais qui n’est qu’un homme qui pleure lorsqu’il a mal. Car il a pleuré celui là lorsque je l’ai quitté. Il a pleuré et  s’est rendu pitoyable le bel uniforme, dépossédé de sa superbe, usé, affaibli.

Moi je continuais de chasser. Je changeais de territoire, j’allais dans les airs, jet privé, classe affaire. .../

MATINALES

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Matinale

 

 

/...Elle se laisse tomber sur le sofa, façon équerre. Bottée jusqu’à la cuisse, le bas top, un peu toc, mais rien de factice à l’entre jambe, un joli minou roux et soyeux, des lèvres rebondies comme deux joues.../ 

A lire entièrement et gratuitement sur http://www.littessence.fr

 

"J’ai été ce jeune élève qui ne comprenait pas pourquoi il fallait qu’on l’enferme pour lui apprendre les mathématiques, la grammaire et les sciences naturelles. Sans passion aucune pour mon maître et ce qu’il enseignait, mes journées s’emplissaient de rêves d’évasions. Je ne détachais pas mon regard de la fenêtre.

Dans la cour, s’éparpillaient quatre îlots de terre, de chacun d’entre eux s’arrachait un marronnier qui au fil des ans jetait une ombre plus gigantesque.

Mon irrésistible fascination pour le monde du dehors n’était pas du goût de mon professeur. Tandis que tous les morceaux de craies blanches qu’il balançait, pour attirer mon attention, ne faisaient rien qu’attiser mes résistances. Je sentais mon corps tout entier enfler d’un courage insolent, car enfin je ne dérangeais personne ! Il s’agissait de m’oublier !

Silencieusement, je me tournais vers le maître, le regardais plein d'arrogance, droit dans les yeux. Et là, je ne pouvais ni empêcher ni contrôler ce petit sourire en coin que j’esquissais. Je n’attendais qu’un mot, il le prononçait : « DEHORS !».../ 

Carte postale

 - La nouvelle courte est un genre assez particulier, comment travaillez-vous? 

 

- Oui! en effet! Et c'est très jubilatoire! 

J'écris d'un jet, la plupart du temps, sans vraiment de plan, ce sont mes personnages qui  font tout. Enfin... des personnages dont j'ai endossée la peau le temps de l'écriture.

Je pense, je suis, je vis mon personnage, cela peut être un homme, une femme... 

 

- Comment savez-vous que votre texte est au point?

 

-J'écris d'une traite et ne reviens pas sur le texte tout de suite, je laisse quelque temps mijoter, pas trop longtemps. Puis s'il le faut je fais des corrections.

Je crois que la "fraîcheur" dans la nouvelle est quelque chose d'important. Si je relis, que je vois la rature, que cela engraisse le texte et cela sent  le "rechauffer" je laisse tomber.

La nouvelle par définition a une durée de vie assez courte. C'est ainsi, du moins, que je vois les choses. Je passe vite à  une autre histoire... 

 

- Vous écrivez souvent à la première personne, pourquoi? 

 

-  Une nouvelle est presque une éfraction dans la vie d'un personnage, une violation de sa vie privée.

Si j'écris à la première personne, nous pénétrons son univers avec son autorisation!!

 

- Mais est-ce que cela ne parle pas un peu de vous aussi? 

- Vous connaissez la phrase; un livre c'est un peu de soi et beaucoup des autres...

-Il ne vous arrive jamais que l'on vous confonde avec un de vos personnages? 

- Si! très souvent! Ecrire sous le "je" c'est prendre le risque qu'un lecteur m'aborde et me dise:

-c'est tout effroyable ce que vous avez vécu!  

ou bien 

- Vous êtes une sacrée coquine vous...

 

- Vous donnez  un effet très visuel à vos nouvelles

 

- Oui, pour moi l'effet visuel est important!  Pour une nouvelle courte par exemple il m'arrive de comparer mon texte à un cliché photographique. J'essais d'ajouter à cela les fragrances que le personnage abandonne dans son sillon.

Le lecteur doit sentir les vapes de son parfum avant sa complète disparition.

 

-Vos personnages sont-ils fictifs?

 

- L'imagination joue bien sûr un grand rôle dans mes histoires. Mais, dans la nouvelle comme dans le roman, les situations peuvent être inspirées également  par la réalité. 

 

- Pour "Vie de chien" par exemple?

 

- Oui, là j'ai travaillé d'après un de mes reportages, dans la rue.

C'est une nouvelle qui a beaucoup frappé les esprits et a suscité beaucoup de commentaires.

 

Pour "Matinale", j'ai  bâti l'histoire sur un témoignage et ai voulu combatre une idée reçue selon laquelle il n'y aurait plus de sexualité chez les personnes d'un certain âge.  

 

J'ai bien sûr usé de ma licence d'auteur pour imaginer une situation plutôt cocasse, mais que je trouve emplie de tendresse et d'espoir. La chute est je crois assez amusante.

 

La nouvelle  "Merci Maman"  est une histoire fabriquée de toute pièce. Mais j'ai eu la surprise de recevoir des lettres, de lectrices surtout, me disant qu'elles avaient avaient été touchées, profondément, tant certains passages semblaient tirés de leur propre vie.

 

- j'ai bien envie de vous demander ce qu'il en est pour lettres d'amour en Cartésie...

 

C'est une bonne question! je vous remercie de me l'avoir posée..!

 

 

 

 

 

 

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Mon amour absent,

 

Le froid perdure, prends soin de toi,

je déteste l'idée qu'un mal t'atteigne,

n'être pas là pour te soigner.

Quant à moi je demeure à coté du feu,

trop près je brûle,

trop loin j'ai froid.../

gallery/photo nathalie bessonnet

INTERVIEW 

de Nathalie Bessonnet