d’amour

Penses-tu à moi, aujourd’hui. Et tous tes autres jours ? Te sont-elles mornes, ces heures, d’où le nous s’est absenté ?

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Souviens toi, de nos après midis, nos sexes brulent comme le mistral, tu dors un peu ramassant tes forces avant de t’éveiller pour à nouveau te dresser. Impérieux, le désir renait de notre fatigue même.

Puis, quand le soleil délaisse les persiennes, nous sortons, ivres, la tête nous tourne de tous nos efforts, de tous les fruits.

Nous descendons dans la rue, inlassables à nous regarder. Il me semble que les gens savent, rien qu’à nous voir, tout ce que nous avons fait.

Exubérants et silencieux, nous portons les fragrances de notre passion dans la laine de nos manteaux…

Te souviens-tu… Nous allions, pleins de cette promesse d’être heureux…

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Mes mots sont les messagers d’un possible que je porte. Si je ne dis plus rien c’est que ce possible a vainement tendu les bras.

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Et la chose et véritable et pure et absolue qui vous a touché, envahit, et mente et corpore… s’échappe..

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Très tôt ce matin,

la ville a encore les yeux fermés,

seules les lampades immobiles appuient leurs flammes contre l’obscurité.

Je pense aux allumeurs de réverbères qui arpentaient la nuit et commençaient leur journée par éteindre.

Et, l’allumeur de l’unique réverbère, de la cinquième planète,

son travail est plein de sens pour le Petit Prince, pour lui, c’est une occupation utile que d’allumer un monde.

« C’est véritablement utile puisque c’est joli »

J’aurais bien envie, quelques fois, de te nommer ainsi :

mon allumeur de réverbère…

Bonjour, mon amour,

Bientôt les réverbères s’éteignent et s’allumerait le jour

si je t’y trouvais…

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